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Compte-rendu de la réunion du Bilan Passeurs d'Images à la DRAC


Présents :
Roger Sicaud (DRAC Rhône-Alpes), Michèle Calero (DRAC Rhône-Alpes) - Denis Adam (DRDJS) - Marcel Hudelot (Conseil Général de l’Ardèche) - Emmanuelle Bureau (Cinéduchère Lyon) - Michel Caré (Cinéma la Turbine Cran-Gevrier) - Rosa Recas (Cinéma Gérard Philipe, Venissieux) - Marie Baccon (Mon Ciné St Martin d’Hères) - Marion Sommermeyer (Cinétoboggan, Décines) - Marc Gentil (Cinéma Le Méliès Grenoble) - Antoine Ravat (Cinéma Le France St Etienne) - Stéphane Ruiz (Cinéma Le France St Etienne) - Laura Vaisseau (Cinétoiles Cluses) - J.M. et Martine Latrèche (Cinéma Le Club La Côte St André) - Xavier Depraz (MJC Novel CinéNovel Annecy) - Yves Bourgeay (Cinéma Le France St Ètienne et AcrirA) - Marie Freydière (Espace Aragon Villard-Bonnot) - Azzedine Soltani (cinéma Les Amphis Vaulx en Velin) - Catherine Saugey (Mairie de Villefontaine) - Jeanine Rive-Ollivier (Mairie Neuville sur Saône) - Sébastien Garcia (Villa Sainte Cécile) Aubin Samuel (Écran Libre) - Mélanie Arnaud (Écran Libre) - Pilar Lopez (Mairie d’Aubenas) - Marianne Ferrand (MJC d’Annonay) - Jean-Louis Rossi (MJC Robert Martin Romans) - Isabelle Putz (MJC Bourg-en-Bresse) - Marco Zitouni ( MJC Bourg-en-Bresse) - José Marqués (MJC Neuville sur Saône) - Jérôme Gouin (Maison de l’image Aubenas) - Bérangère Hauet (Association Vu d’ici et d’ailleurs) - Marie-Hélène Roinat (Association Me We) - Véronique Bettencourt (réalisatrice) - Mathilde Syre (Association Achromat) - Laurent Huyard (Association les deux maisons) - Fabien Fischer (Association Cinex) - Jérémie Lamouroux (Association Cinex) - Florent Labre (Association Label Vie d’Ange) - Gérald Assouline (Association Paroles par l’image) - Demoz Yoann (Association Cinex) - Hervé Clerbout (Cinéma Le Parnal Thorens Glières et AcrirA) - Yvette Zulian (AcrirA coordination Passeurs d’Images) - Audrey Chic (assistante).

Excusés :

Benoît Guillemont (DRAC Rhône-Alpes) - Jean-Jacques Queyranne (Président Conseil régional Rhône-Alpes) - M. Morel (Préfet de l’Isère) - Michel Bilaud (Préfet de la Haute Savoie) - Michel Destot (Député Maire de Grenoble) - François Danion ( Directeur service Culture Vie Locale de la ville de Meythet) - Christian Monteil (Président du Conseil Général de la Haute Savoie) - François Mehl et Françoise Gourbeyre (Mairie de Saint-Etienne) - Maurice Vincent (Maire de Saint-Étienne) - Bruno Feutrier (Directeur Départemental de la Jeunesse et des Sports) - Marie-Lys Courel et Christelle Buisson (Mairie de Voiron) - Hélène Milliex (Direction des Affaires Culturelles Saint-Martin d’hères) - Yves Méjean (Cinéma le Dôme Albertville, président de l’AcrirA) - Pierre Brette (Cinéma- Théâtre La Mûre CCM) - Sandrine Dias (Cinéma Le Zola Villeurbanne) - Arnaud Chometon (Cinéma Arts et plaisirs Voreppe) - Chy Yan Wong (Maison de l’image Aubenas) - Annick Teninge (La Poudrière Valence) - Jean-Marc Faure ( Association Rétroviseur) - Yannick Dumez (Association Mouvimages) - Jean-Christophe Houde (Atelier tipi).

Roger Sicaud remercie l’ensemble des participants présents. Il souligne le travail exemplaire conduit par l’AcrirA avec le dispositif Passeurs d’images et remercie Yvette Zulian. Malgré une année 2008 qui avait été annoncée difficile et une baisse des financements, une subvention de 25 000 euros débloquée en cours d’année grâce à la mobilisation de chacun, a permis de continuer à développer l’ensemble des axes. En 2009, le montant des financements reste inchangé.


À l’ordre du jour :

Deux temps forts, le premier est la présentation de la partie Passeurs d’images du site Internet de l’AcrirA. Le deuxième temps fort consiste à construire la base d’une réflexion en direction des ateliers de pratique cinématographique, en prévision de la rencontre régionale du 14 novembre 2009 à Aubenas : 20 ans d’éducation à l’image.


Bilan 2008 :
Y. Zulian présente brièvement le bilan afin de laisser la parole aux participants.
Cette année, trois nouvelles villes sont entrées dans le dispositif Passeurs d’images : La Mûre en Isère, Meythet en Haute-Savoie et Villeurbanne dans le Rhône.
Y. Zulian adresse ses excuses publiques pour une erreur qui s’est glissée dans le bilan Passeurs d’Images 2008 : le nombre de spectateurs pour la séance de sensibilisation du film Le crime est notre affaire à Cran-Gevrier est de 126 spectateurs et non de 56.

Les ateliers :
23 ateliers de pratique cinématographique ont été organisés. Exceptionnellement, 4 villes n’ont pas pu réaliser d’ateliers, trois pour une raison identique : la personne chargée de la coordination de l’action était en congé maternité.
Certaines villes ont conscience qu’elles doivent travailler plus pour gagner le public jeune exclu des pratiques culturelles. Elles doivent continuer leurs efforts.

Les rencontres régionales :
Deux rencontres en 2008 : l’une à Voreppe, l’autre à Saint-Étienne. L’accueil fut remarquable. Les prises de paroles ont été très respectueuses à l’égard des jeunes et des films. On pouvait percevoir une bonne connaissance du projet.

Les séances spéciales :
44 séances se sont déroulées en 2008, soit 6 de plus qu’en 2007. Ces séances tentent de faire venir au cinéma les jeunes éloignés des pratiques culturelles. Cette année, de nouvelles initiatives sont nées, comme la séance spéciale Bollywood, réalisée à Annecy, qui fut accompagnée par une dégustation de mets indiens. Villefontaine a réalisé un travail remarquable sur les séances spéciales (voir plus bas)

Les journées de formation :
Cette année, le nombre de journées de formation a diminué suite aux baisses de crédit de l’État, il est passé de 20 journées en 2007 à 13 journées en 2008. Denis Adam, conseiller de l’éducation populaire de la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports, prendra la parole afin de nous éclairer sur l’avenir de ces journées de formation.

Les séances en plein air :

88 séances de cinéma en plein air mises en place en 2008, soit 15 séances de plus qu’en 2007 avec 3 nouvelles villes entrées dans le dispositif. Il est rappelé que l’objectif est de donner un caractère exceptionnel à ces séances. 7 séances ont été annulées pour raison de pluie. 3 séances ont été perturbées (voir plus bas).

Le bilan Passeurs d’images compte 180 actions en 2008.

Roger Sicaud reprend la parole pour préciser que ces 180 actions ont touché plus de 18 000 personnes. Rappelant que Passeurs d’images aura 18 ans cette année, il conclut que le bilan 2008 est positif.


Retour sur les séances spéciales : un exemple, Villefontaine

À Villefontaine, l’élément déclencheur qui a sensibilisé les médiateurs de quartier aux séances spéciales fut l’organisation d’une journée d’étude sur le thème « Les séries télévisées » au cinéma Le Fellini en 2006. Les animateurs présents ont pris conscience de l’intérêt d’un travail d’analyse des images avec les jeunes.
Ainsi, par la suite, un projet est né avec l’ensemble des médiateurs. Il s’intitule : « Regarde ce que tu vois ». 4 séances spéciales ont eu lieu dans ce cadre et, chaque fois, les nombreux jeunes présents ont été sensibilisés par les médiateurs.
Ce projet suscite maintenant des questions au sein de l’ensemble de l’équipe : n’y a t il pas trop de jeunes rassemblés autour d’un même film… Le choix des films est-il toujours approprié ? … Le public jeune ne dérange-t-il pas les habitués de la salle ? Avons-nous suffisamment impliqué les politiques sur un film comme : Nos enfants nous accuserons ?… Autant de questions qui donnent une place réelle au projet.
Villefontaine est un exemple éclairant pour ces séances spéciales : elles s’ouvrent à une grande mixité et à un brassage des publics avec une vraie démarche et une vraie volonté.
Il est demandé aux interlocuteurs de Villefontaine comment les médiateurs parviennent-ils à mobiliser les jeunes ?
Ces jeunes sont ceux qui réalisent des activités culturelles précises lors des vacances scolaires dans les centres sociaux. Les médiateurs les sensibilisent à la séance spéciale afin qu’ils soient présents.

Retour sur les trois séances en plein air qui ne se sont pas déroulées dans un climat propice.

Une participante évoque les raisons qui ont entraîné un dysfonctionnement dans sa ville lors de la projection : les animateurs qui devaient accompagner le film ne sont pas restés jusqu’au bout de la séance. Ainsi, les jeunes non accompagnés se sont emparés des chaises et les ont jetées sur la pelouse. Les spectateurs ont quand même pu voir le film jusqu’à la fin.
Cette année, les organisateurs de la séance s’assureront d’un encadrement approprié jusqu’à la fin de la projection.

Pour une autre ville, c’est le choix du film qui a posé problème : Mauvaise foi, de Roschdy Zem. Ce film raconte l’histoire d’un couple, formé par une jeune femme juive et un jeune homme arabe. Au cours de la projection du film, un père de famille s’est levé pour protester et interrompre la séance. La séance a été interrompue.
L’un des problèmes principaux précise le représentant du site, est que le film avait été choisi par les animateurs à qui il avait décidé de faire confiance. Néanmoins, il n’avait pas vu le film et ne pouvait donc appréhender les réactions du public.
Réaction d’une participante : le problème est lié à la fragilité du fonctionnement des associations socioculturelles. Dans sa ville, les animateurs du centre social ont absolument voulu choisir le film Le premier jour du reste de ta vie. Ce film comporte quelques scènes délicates. Les animateurs vont-ils assumer ce choix ?

Il est aussi évoqué « l’ethnicisation » toujours plus forte du public : comment prendre en compte ces différences, les sujets traités dans les films, les positions de chacun ? Sans les relais que sont les MJC et les animateurs, on sera confronté à une désensibilisation des jeunes.
Un des participants reprend la parole pour insister sur la nécessité de préparer les séances en plein air. Il souligne l’importance de passer des films qui font naître les débats, à la condition de savoir les accompagner.

Il est rappelé les débuts difficiles des séances en plein air. En 1992, les habitants ont vu ces projections comme une intrusion dans leur quartier : on entrait sur leur territoire. Avec le temps, les jeunes habitants ont eu le temps d’accepter et de prendre plaisir à ces séances. Mais les enfants qui ont 8/10 ans aujourd’hui, eux, ne se sont pas encore préparés à accepter ces séances choisies par des plus grands qu’eux.
Le problème soulevé, qui est culturel et religieux, est un problème qui nous intéresse dit un des participants. Comment Passeurs d’Images se positionne en tant que passeur ? Comment se servir des images pour parler de ces sujets-là aujourd’hui?

Roger Sicaud intervient pour relativiser les incidents survenus lors de ces séances Cela ne concerne que 3 séances sur 88. Il faut se rappeler que les séances plein air sont ouvertes à tous. Cela veut dire que des gens sont là par hasard. En dehors d’une réflexion, cela demande que l’on prenne aussi en compte ces personnes là. Il est normal que les choses soient moins faciles à gérer que dans une salle de cinéma.
Ensuite, si Passeurs d’Images se base sur une coordination des villes entre la municipalité, la maison de quartier et la salle de cinéma, il serait bon que le film soit choisi par l’ensemble des acteurs.
Un participant acquiesce et évoque l’exemple d’une simple scène de baiser qui a suffi à choquer une personne, qui a décidé de protester contre la séance. Il est difficile de préparer la population à ces films. Personne dans le public n’est intervenu pour calmer le spectateur contestataire.

Roger Sicaud invite les participants à regarder la liste des films plein air 2009. Elle présente le double avantage de pouvoir se mettre d’accord sur une large sélection de films. Il demande aussi à ce que l’on n’oublie pas de regarder la durée du film, en effet, les films trop longs peuvent être difficile à regarder dans des conditions de plein air.


Démonstration du site Internet Passeurs d’Images de l’AcrirA

La parole est donnée à Hervé Clerbout. À chaque représentant de site présent il est remis un dossier d’explications du site Internet, ainsi qu’une étiquette contenant les identifiants et les mots de passe qui permettent d’accéder à l’intranet de l’AcrirA.
H. Clerbout insiste sur le fait que le site ne donnera pas plus de travail aux différents acteurs, il nous fera travailler différemment. Le site rendra visible les diverses manifestations et évènements à tous les internautes.
Il est souhaitable que chacun respecte les dates limites indiquées pour chaque rubrique afin que la coordination ne soit pas dans l’obligation de relancer sans cesse.
Dans le calendrier de fonctionnement, le site est déjà opérationnel et chacun peut déjà y entrer toutes les actions ainsi que le nombre de spectateurs ayant participé aux évènements.
Il est demandé pour cet été, de compléter après chaque projection en plein air, le descriptif du déroulement de la séance, le nombre de spectateurs et les activités menées avant la projection du film.
Y. Zulian insiste sur le fait qu’il serait agréable que chacun prenne toujours le temps de compléter le nombre de spectateurs et le descriptif du déroulement après chaque événement.
Dans la suite du calendrier, il est demandé dès les mois de septembre/octobre, de compléter les séances spéciales. Pour le mois de janvier, chacun devra entrer le budget sous la rubrique concernée. Si le budget est équilibré, le total apparaît en vert, si le budget n’est pas équilibré, il apparaît en rouge.
En janvier il sera aussi demandé d’indiquer la quantité de matériel de communication souhaité.


La parole est donnée à Denis Adam, afin qu’il nous éclaire sur la situation des Directions Départementales de la Jeunesse et des Sports.

Intervention de Denis Adam :

Avec la révision générale des politiques publiques, l’état se réforme au niveau de ses structures, ce qui entraîne une incidence directe sur le fonctionnement de celles-ci et sur leurs missions. Le but de cette réforme est de regrouper les administrations. La Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports n’existera plus seule au niveau national, mais sera couplée avec l’administration de la cohésion sociale. C’est le préfet de chaque département qui fera les choix d’une direction commune ou de deux directions distinctes. A priori, même si l’interlocuteur n’est plus le même, on devrait retrouver les mêmes missions et peut-être les mêmes agents. On ne peut pourtant rien affirmer pour le moment, il faut attendre de nouvelles élections fin mai.
À ce jour, nous ne savons toujours pas quel impact cela aura sur les orientations et quelles seront les priorités de cette nouvelle administration. C’est en septembre que seront définies les grandes orientations. Au niveau des pratiques culturelles, il y a une incertitude totale : s’agira-t-il d’une mission à part entière ou d’un secteur abandonné ?
En ce qui concerne les formations des médiateurs en Rhône-Alpes, il y a un problème de financement et de budget ; néanmoins cela reste un axe prioritaire. Sur les 8 départements de Rhône-Alpes, il n’est plus possible de financer les formations en fonction des dispositifs auxquels ils appartiennent. La réflexion qui sera soumise aux autorités est d’organiser des formations régionales interdépartementales basées sur un calendrier commun. C’est un travail d’élaboration qui devra se faire avec tous les partenaires (AcrirA, Ligue de l’enseignement…) qui seront associés à cette réflexion. Denis Adam annonce que le nécessaire sera fait pour que l’ensemble des partenaires soit informé dés qu’il y aura une avancée dans les missions concernant l’éducation à l’image.

Un participant demande à Denis Adam, d’exposer, si possible, les objectifs de cette réforme, dont il n’a pas compris toutes les subtilités. Sourire partagé de toute l’assemblée. Denis Adam répond qu’il y a deux logiques à cette réforme. La première est structurelle, selon le gouvernement, l’action serait plus opérationnelle si elle est regroupée. La seconde logique est économique, en regroupant, on économise forcément.


Discussion autour des ateliers de pratique cinématographique.

Yvette note la présence d’un certain nombre de réalisateurs représentant les associations telles que : Cinex, La belle vidange, Me we, Écran libre, La Maison de l’Image, Accromate, Les deux maisons, Parole par l’image et Vues d’Ici et d’Ailleurs.

Le 14 novembre prochain à Aubenas.

Une réflexion sera conduite toute la matinée sur l’éducation à l’image et précisément sur les ateliers de pratique cinématographique.

Cette date a été choisie car c’est la veille de l’ouverture des Rencontres des Cinémas d’Europe. Il était intéressant de relier les deux évènements.

Les organisateurs d’Aubenas précisent que l’ensemble des partenaires de cette journée souhaite que la fédération des MJC soit présente dans le cadre de leurs actions cinéma et citoyenneté.

Les grandes lignes de cette journée sont : (ce programme peut évoluer)
En matinée :
Nous proposerons de nous interroger sur la manière dont les intervenants conduisent les ateliers : Quels moyens mettent-ils en œuvre pour provoquer le geste de création ? Quelles exigences se sont-ils fixées ? Comment mesurent-ils les conquêtes artistiques à l’issue de l’atelier ? Quel mode opératoire pourra conduire le jeune à s’interroger sur sa pratique des images ? …
Autant de questions qui, nous le souhaitons, devraient semer des doutes dans l’esprit des intervenants afin que chacun puisse s’interroger sur sa pratique.
Pendant que les intervenants s’interrogent, les jeunes, dans la salle de cinéma, verront un film accompagné d’un réalisateur. Cette rencontre devrait favoriser la perception du travail d’un réalisateur.

En après-midi :
Des films réalisés par les jeunes au cours de l’année 2009 seront projetés en leur présence. À cette occasion, nous expérimenterons une nouvelle formule : la confrontation de deux films et, à l’issue de la projection, la confrontation des deux groupes de jeunes qui les ont réalisés. Les échanges entre jeunes devraient nous apporter un autre regard sur leur travail.


En fin de journée :
Avec la participation des jeunes et des adultes, nous nous inscrirons dans une pratique d’atelier qui consiste à sonoriser les images d’un film. Toujours dans cet esprit d’éducation à l’image : la sonorisation comme porteur de sens dans un film devrait se mettre en œuvre de manière ludique.

En soirée :
Un film en avant-première sera présenté à tous.
Cette journée sera accompagnée d’intervenants.
La réception et l’hébergement des jeunes seront aussi à prendre en compte puisque les jeunes viendront de différents points de la région Rhône-Alpes.


Le représentant du Conseil Général de l’Ardèche prend la parole pour évoquer les évènements prévus par le Conseil Général pour fêter les 20 ans de collège au cinéma.

Questionnement autour des ateliers de pratique cinématographique :
base d’une réflexion ouverte pour la table ronde du 14 novembre à Aubenas


Un intervenant d’atelier explique la démarche qu’il met en œuvre avec les jeunes, qu’il a nommé La vie en stock.
Depuis plusieurs mois, l’association Paroles par l’image a mis en route cette démarche avec l’association Territoires de fictions. L’idée est de créer des POM : Petites Œuvres Multimédia de 2 minutes, et donc de faire réaliser aux jeunes des courts-métrages de 2 minutes. La réflexion menée avec l’association Paroles par l’image est : faire du cinéma avec de l’image fixe : c’est-à-dire du cinéma avec de la photographie.
La première expérience de ce type a été menée à Pontcharra, avec six jeunes. La première question aux jeunes au début de l’atelier est : que stockez-vous? La méthode : chaque jeune arrive à l’atelier avec 20 images de son choix stockées sur son téléphone portable ou sur son appareil photo numérique. Les jeunes travaillent en binôme avec un fond commun de 40 images.

L’intervenant précise qu’un travail important et rigoureux d’écriture doit être conduit pour qu’une histoire prenne forme à partir de ces images.

Durant l’atelier, l’intervenant fait découvrir aux jeunes différentes expérimentations vidéos réalisées par des vidéastes et artistes, tels que Chris Marker ou Sarah Moon.
Les jeunes ont deux jours pour sélectionner les images, les manipuler et écrire leur scénario. Puis, deux jours pour se former sur le logiciel de montage et monter leurs images.
Cet intervenant raconte aussi combien les résultats peuvent être différents selon l’origine sociale des publics qui réalisent ces films.

Réaction des participants face à cette démarche singulière :
Un intervenant parle d’exemplarité de cette démarche par rapport aux missions de l’éducation à l’image.

- Les jeunes s’approprient un langage qui leur appartient et idem pour leurs images. Cela pourrait aussi être une démarche qui utilise des images en mouvement. Ce travail évoque le montage effectué par des jeunes sur les images d’un cinéaste. L’idée forte de La vie en stock est le partage d’images des jeunes avec le réalisateur.

- Ce qui est à placer au centre de l’intervention, ce ne sont pas les outils que l’on va donner aux jeunes, mais le geste qui accompagne la création du film. Cette transmission est délicate, le passage de la technique à l’acte de création est une transmission qui va au-delà de l’animation.

- Le danger de cet atelier de pratique cinématographique (La vie en stock) est justement que cela fonctionne tellement bien, que l’on pourrait employer n’importe quel intervenant pour animer l’atelier. Pourtant, l’important est de confronter un artiste dans sa propre démarche créative, au service de la création de ces jeunes.

L’intervenant évoque des difficultés d’écriture avec des jeunes qui ont considéré la scénarisation de leurs images comme l’écriture de mensonges. L’atelier se déroule plus facilement avec les jeunes qui maîtrisent le langage écrit.

- L’artiste est là pour travailler sur l’intention, et le questionnement posé est : quelles sont vos intentions ? Que voulez-vous travailler ?

Deux autres intervenantes d’atelier travaillant en binôme trouvent la démarche très intéressante. Elle raconte leur travail comme une aventure partagée avec 6 à 8 jeunes filles (le fait de s’adresser à des jeunes filles est un choix).

- Au départ, l’atelier ne leur dit pas grand-chose. Alors, le point de départ se situe dans les idées et envies de chacune.
Vous arrive-t-il de considérer le travail d’atelier comme une réponse à une commande demande Y. Zulian ?

- Techniquement, oui, il faut répondre à une commande. L’écriture et le tournage sont donc très encadrés.
Où situez-vous le geste créatif dans vos ateliers ?

- Il intervient là où l’écoute des idées des jeunes filles commence. Il s’agit alors de traduire ces idées en séquence. Le derushage est important.

- Nous avons le sentiment, à la fin de la semaine, qu’il y a eu une transformation chez ces jeunes filles. Elles ont appris qu’un film se construit et se développe et qu’il se base sur une idée commune. Certaines des jeunes filles sont revenues les années suivantes et montrent chaque fois qu’elles ont une compréhension plus aboutie de ce qui se joue lors de l’atelier.

Y. Zulian note une particularité dans les films réalisés avec ces deux intervenantes : des choix artistiques très fort sont proposés. S’agit-il de choix personnels ?

- Nous donnons différents outils aux jeunes filles : 6mm, vidéo, images fixes et nous demandons chaque fois aux jeunes quel est l’outil le plus adapté pour raconter leur histoire ? Nous donnons notre avis et conseillons les jeunes. Nous préférons travailler avec les supports et les outils que nous connaissons bien et apprécions. Nous sommes là pour proposer, être à l’écoute et faciliter la mise en image des envies.

Il est noté par les participants l’intérêt de proposer une palette d’outils.

Y. Zulian insiste sur la variété des pratiques : certains intervenants arrivent avec leurs outils tandis que d’autres arrivent les mains dans les poches. Ce n’est pas une critique négative car c’est cela qui amène aussi de la diversité dans le cadre de Passeurs d’Images. L’important est que chacun prenne conscience de sa propre démarche.

Y. Zulian interroge les participants quand ils disent :
- Nous ne voulons pas que ce que font les jeunes ressemble à ce qu’ils voient à la télé.

Un participant raconte la démarche de son association. Cette démarche est conduite à l’année auprès d’un public en grande difficulté, un public en exclusion sociale (détenus, …). Il explique qu’il est face à un public beaucoup moins difficile quand il réalise l’atelier Passeurs d’Images chaque été. Malgré tout, il attache beaucoup d’importance à l’aspect éducatif qui se joue lors des ateliers. C’est de l’éducation à l’image, mais, le travail en atelier a aussi un rôle éducatif du point de vue de la citoyenneté de ces jeunes. Afin de sortir les jeunes de leur quotidien, l’intervenant explique qu’ils ont fait le choix de travailler sur de la fiction. Il est demandé ainsi une implication physique et intellectuelle des jeunes devant et derrière la caméra. Il semble, nous dit-il, qu’il n’y a pas la même mise en danger dans le reportage.

Y. Zulian demande comment les jeunes ressentent cette implication physique, et comment on peut croire qu’un adolescent de 14 ans à qui l’on met une moustache devient un bûcheron moustachu ?

- On y croit seulement si le jeune lui-même croit en son personnage. Il y a un gros travail sur le jeu car il faut qu’ils assument leur personnage.

Des réactions :

Une accompagnatrice d’atelier apporte son témoignage sur les différentes démarches qu’elle a vu lors des ateliers qu’elle a encadrés.

- La fiction présente le désavantage de trouver plus difficilement un intérêt pour les jeunes, même s’ils prennent beaucoup de plaisir à jouer. Si l’expérience reste intéressante, le temps est trop rapide pour avoir un recul nécessaire sur ce qui est tourné. Cette année, l’expérience des POM, a permis d’avoir plus de temps pour réfléchir sur les images.

- Les ateliers Passeurs d’Images sont constitués de démarches différentes, il n y a pas de recette unique. Les questions importantes à se poser concernent l’éducation et la création. L’objectif éducatif de ces ateliers est évident. L’objet n’est pas ce qui prime, même s’il est très important. Sur la thématique : qu’est-ce qu’un atelier d’éducation à l’image, la vraie question est : où pose-t-on le curseur entre éducation et création ?

- La place de l’artiste est délicate à trouver. Dans ce débat, on pourrait se demander qu’est-ce qui donne de la qualité à l’atelier ?

Y. Zulian demande quelques précisions.

- Le débat se situe sur la qualité de l’atelier et non sur la qualité de l’objet. Est-il nécessaire de se donner des pistes de questions, la vraie question étant : à quoi sert un atelier ? En effet, l’objet fini n’est pas important, c’est la démarche qui compte. La relation des jeunes entre eux et la relation des jeunes avec l’intervenant est aussi importante que le film montré.
Y. Zulian demande si un atelier de qualité est celui où « il s’est passé des choses intéressantes »et, dans ce cas, comment « s’arranger » avec le commanditaire du film ?

- Les commanditaires des films m’ont toujours fait confiance.
Y. Zulian reprécise sa question : que se passe-t-il si le film ne satisfait pas le commanditaire, bien que l’atelier se soit très bien déroulé grâce aux bonnes relations entre jeunes, et entre les jeunes et l’intervenant ?

- C’est le film des jeunes. J’accepte d’accompagner ces ateliers à la condition d’être dans ce que je crois.
Y. Zulian demande qu’est-ce qu’un atelier de qualité ?

- C’est un atelier qui dépend de l’intérêt que les jeunes auront pour lui et de ce qu’ils vont apporter et engager d’eux-mêmes. L’enjeu de ces ateliers tient effectivement de l’intention et de l’implication des jeunes, de ce qu’il y aura sur la table. L’autre enjeu majeur est de ne pas faire ce qu’ils voient à longueur de journées.

- Je pose des contraintes. Il faut dégager un terrain de jeu avec des règles communes. Poser un cadre avec des contraintes ludiques. Le meilleur moment de l’atelier est celui où le film prend corps. Avec le temps qui passe, les échanges se créent.
Un intervenant souhaite revenir sur le débat entre éducation et création.

- Je pense qu’on peut faire un film très créatif et peu éducatif, et pareillement on peut faire un film très éducatif mais peu créatif. Il n’est pas sûr que le placement du curseur entre l’éducatif et le créatif soit une bonne idée.

Un participant défend l’idée que les deux peuvent se rassembler.
- Je refuse d’opposer création et éducation.

Y. Zulian souligne que pour elle les deux notions ne sont pas opposées, elles peuvent être complémentaires, le débat est ailleurs.

Un autre intervenant parle du choix en amont du projet,
Il est important de savoir si celui-ci sera éducatif ou créatif. Cela dépend des jeunes avec lesquels on va travailler. Quel constat va-t-on en faire et quelle démarche va-t’on adopter ? Une démarche créative ou une démarche éducative ?

Un autre participant :
- Tout cela est un vaste débat d’éducation populaire : autonomiser les jeunes pour qu’ils s’approprient l’objet. Attention à la démagogie face à un public en difficulté !

Un autre intervenant :
- À qui s’adresse-t’on ? La question essentielle qui en découle est : quels sont nos objectifs? Un atelier a plusieurs objectifs. Qu’est-ce qu’on fait avec un atelier ? À quoi ça sert ?

Un autre intervenant :
- Sur une durée de cinq jours, il faut faire des choix, et axer l’atelier. Le projet s’oriente sur la construction.
Un participant s’étonne de la séparation qui a été faite entre le commanditaire et l’intervenant.`

- Le travail de partenariat se fonde sur la réflexion commune autour de l’atelier. Et la qualité des ateliers dépend d’une participation à part entière de tous les partenaires.

Qu’est-ce qu’un atelier de pratique cinématographique ? les commanditaires et les intervenants peuvent avoir des réponses très différentes.

- Chaque partenaire a des idées intéressantes et connaît le terrain à sa manière. Il y a complémentarité entre les apports des élus, des artistes et des porteurs de projet précise un intervenant.

- Pour chaque atelier, la démarche est sensible et singulière. L’artiste n’est pas interchangeable. Il est nécessaire de fixer les règles du jeu et les contraintes, pour qu’un jeune puisse faire preuve de créativité.

- Il faut avoir beaucoup d’ambitions pour sortir des images habituelles et sortir du résultat immédiat. Les ateliers sont là pour ouvrir une fenêtre dans la tête des jeunes, même si cela n’est pas immédiat, parfois c’est une fenêtre qui s’ouvre plusieurs années après. Les ateliers sont le cadre d’un espace de création, de rêve et de possible.

Roger Sicaud apprécie ce débat et rajoute que les ateliers sont la partie la plus intéressante du dispositif Passeurs d’Images. Effectivement, Passeurs d’images est un dispositif d’éducation à l’image. Cependant, ces ateliers ne sont pas des « écoles de cinéma ». Ces ateliers sont là pour aider les jeunes à mieux comprendre les images qu’ils voient ailleurs.

Le sujet n’est pas clos. La discussion se poursuivra le 14 novembre à Aubenas.

le 24 juin 2009





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